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Séquences
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1 [01.05] La préhistoire du cinéma
En 1889, Étienne Jules Marey imagine le chronophotographe, grâce auquel il fixe sur pellicule la marche de l’homme. Depuis Marey, les échanges permanents entre cinéastes et ingénieurs permettent aux premiers de modifier leur façon de filmer et incitent les seconds à améliorer les outils.
Citations : La Marche de l’homme • Petite fille sautant à la corde • Récréations
2 [01.13] Les frères Lumière
En 1895, deux industriels lyonnais, Louis et Auguste Lumière inventent le cinématographe et montrent, pour la première fois, la vie quotidienne de leurs contemporains, en France comme dans des pays lointains.
Citations: Entrée du train en gare de la Ciotat • Champs-Élysées • Henri Langlois dans Louis Lumière, l’homme et les images
3 [00.34] Charles Pathé
Le succès des frères Lumière inspire d’autres industriels. Parmi eux, Charles Pathé fait fabriquer par Pierre Continsouza une caméra plus maniable. Les opérateurs Pathé parcourent le monde. En 1908, c’est la naissance des Actualités Pathé qui connaissent aussitôt un grand succès.
Citations : Actualités Pathé : Scènes du Maroc • Appareils montrés par Laurent Manonni conservateur de la Cinémathèque française
4 [03.04] Robert Flaherty
Le cinéma intéresse les explorateurs qui ont besoin d’une caméra adaptée à leurs conditions extrêmes de tournage. L’Américain Flaherty part vivre deux ans parmi les Inus dans la baie d’Hudson pour effectuer un relevé cartographique et revient les filmer en 1919. Il rencontre la famille de Nanouk. L’une de ses caméras, très novatrice, a été mise au point par un autre explorateur, Carl Akeley. Flaherty invente une nouvelle façon de filmer la réalité. Il crée un héros Nanouk, met en scène des situations avec la participation de personnages réels et dramatise l’action, grâce aux mouvements de caméra.
Citations : Actualités Pathé : Scènes du Maroc • Nanouk l’Esquimau • Entretien avec Pierre Véronneau, conservateur de la Cinémathèque québécoise
5 [01.10] Les débuts de John Grierson
Ce jeune Écossais, étudiant en droit social à Chicago, est l’un des premiers à attribuer une vocation éducative au cinéma. En 1926, dans un article, il qualifie Moana de Robert Flaherty de film à caractère « documentaire ». Ce terme désignera désormais les films non joués par des comédiens.
Citations : Monsieur Grierson • Nanouk l’Esquimau
6 [01.55] Dziga Vertov
En URSS, salles et appareils de cinéma ont été nationalisés. Des trains équipés pour la projection sillonnent le pays pour diffuser des images dans les campagnes. Dziga Vertov, jeune monteur d’actualité, y travaille. Il crée en 1922 le Kino-Pravda, journal filmé et y met au point le « cinéma à l’improviste ». Enfin, par son utilisation du montage, il révolutionne le documentaire. En 1929, il réalise L’Homme à la caméra, film pour lequel il utilise tous les moyens de tournage connus à l’époque.
Citations : Kino-Prvada n° 20 : Ciné-vérité des pionniers • L’Homme à la caméra
7 [01.16] Grierson et l’école anglaise
À Londres, Grierson a pris en 1929, la direction de l’Empire Marketing Board, structure de production subventionnée par l’État. Il réalise Drifters, où se retrouvent l’influence de Flaherty et celle de Vertov. Puis, il fonde avec de jeunes cinéastes l’école anglaise du documentaire, tournée vers des films éducatifs à forte portée sociale. En 1939, il crée au Canada l’Office national du film. Les écoles anglaise et canadienne du documentaire serviront de modèle jusqu’à l’arrivée du cinéma direct.
Citations : Drifters • Industrial Britain
8 [01.00] Henri Storck et Joris Ivens
Après la crise de 1929 et ses conséquences au plan économique et social, le cinéma documentaire tend à s’engager aux côtés des laissés pour compte. En Belgique, les cinéastes Henri Storck (Belge) et Joris Ivens (Néerlandais) filment, dans la région du Borinage, une grève et les conditions de vie et de lutte des ouvriers.
Citation : Misère au Borinage
9 [03.14] La Seconde Guerre mondiale
Avec la montée des nationalismes, vient le temps de la propagande. À la demande d’Hitler, la cinéaste allemande Leni Riefenstahl réalise un film sur les Jeux olympiques de 1936. Les moyens énormes mis à sa disposition par le pouvoir nazi lui permettent d’innover dans le domaine technique.
Entrés en guerre en 1941, les États-Unis utilisent à leur tour le cinéma à des fins de propagande. Des cinéastes hollywoodiens comme Frank Capra ou George Stevens, s’engagent dans l’armée. Stevens, grâce à une pellicule Eastman, tourne des images en couleurs de la Libération de Paris et de l’entrée des Américains dans les camps de concentration. Elles serviront à instruire le procès de Nuremberg. Les cinéastes prennent alors conscience de la nécessité de construire des archives pour les générations à venir.
Citations : Olympia • Die Macht der Bilder : Leni Riefenstahl • Archives de guerre : images tournées par George Stevens
10 [01.40] La musique
et le commentaire
Les années cinquante voient s’épanouir un cinéma documentaire qui utilise la musique et le commentaire, souvent poétique. Parmi ces films, Toute la mémoire du monde de Alain Resnais marque les esprits.
Citation : Toute la mémoire du monde
11 [03.51] Le son direct. Jean Rouch
La pesanteur des appareils d’enregistrement du son pousse cinéastes et techniciens à chercher de nouvelles techniques plus légères pour entendre la parole des personnes filmées. En 1953, le film de l’ethnographe Jean Rouch, Les Maîtres fous, tourné au Ghana et utilisant « du vrai son » sinon du son synchrone, marque le début de dix ans de recherche pour cette conquête indispensable.
Citations : Entretien avec Vincent Blanchet, cinéaste et ingénieur du son • Le Cercle de Minuit du 6 avril 1999, consacré à Jean Rouch • Les Maîtres fous
12 [04.07] Le son synchrone.
Michel Brault
En 1961, dans le même esprit que Les Maîtres fous, Jean Rouch tourne à Paris, avec Edgar Morin, Chronique d’un été. Il fait appel au cinéaste et opérateur québécois Michel Brault qui importe alors en France le principe de la caméra à l’épaule. Le cinéma direct est né… Mais reste toujours le problème du son : on doit encore resynchroniser chaque plan.
Nagra et Perfectone inventent chacun une équipe légère sur batterie autorisant le son synchrone en 16 mm. Brault l’expérimente dans Pour la suite du monde. Puis une réunion entre cinéastes et techniciens, débouche sur l’amélioration par André Coutant d’une caméra Éclair, « légère » et synchrone.
Citations : Chronique d’un été • Pour la suite du monde • Entretien avec Vincent Blanchet • Entretien avec Michel Brault
13 [06.06] La vidéo d’intervention
À la fin des années soixante, les États-Unis exportent une révolution technique issue de leurs plateaux de télévision : la vidéo légère. Cette technique peu onéreuse enregistre images et son sur une seule bande. Les mouvements de contestation s’en emparent. Les cinéastes femmes, comme Carole Roussopoulos, se sentent particulièrement en phase avec cette technique « qui n’avait pas d’histoire ».
Au Québec, Robert Forget, poussant l’expérience de l’intervention, crée le groupe Vidéographe qui permet à chacun d’utiliser la vidéo pour parler de ses aspirations. Il invente également une technique de montage : l’éditomètre.
Citations : Images INA • Entretien avec Carole Roussopoulos • Debout ! Une histoire du MLF 1970-1980 (dont des images d’archives et photos de Karine Deudon) • Continuons le combat • Robert Forget lors de l’AG de TVC-4 en 1974 • Babel
14 [04.30] Beauviala l’inventeur
Les documentaristes ont toujours pour projet d’associer la maniabilité de la vidéo à la qualité du cinéma. Un jeune ingénieur français, Jean-Pierre Beauviala, crée pour ses propres besoins cette caméra légère (un « chat sur l’épaule ») et fonde son entreprise de fabrication de caméras : Aaton.
Citations : Entretien avec Jean-Pierre Beauviala • Le Reflet de la vie
15 [02.16] L’écriture cinématographique en vidéo
À la fin des années soixante-dix, la qualité de la vidéo progresse avec l’arrivée des caméras tritubes et de la couleur. Elle offre maintenant la possibilité d’une véritable écriture cinématographique qu’illustre bien, en Belgique, le travail des frères Dardenne sur les usines Cockrill.
Citation : Pour que la guerre s’achève… les murs devaient s’écrouler
16 [03.25] Le documentaire
et la télévision
Pendant les années soixante-dix, la télévision, nourrissant d’images une parole journalistique, semble étouffer le documentaire. Mais le courant se renverse à la fin des années quatre-vingts, avec l’avènement de chaînes comme ZDF (RFA), Channel 4 (Grande-Bretagne) et Arte (France). L’arrivée de la Betacam permet à la vidéo de concurrencer en qualité l’image et le son du film. Cette avancée ouvre les portes de la télévision au documentariste.
Citations : Entretien avec Jacques Bidou • Igor
17 [04.23] Filmer seul(e)
La cinéaste Claire Simon explique sa démarche, ses aller et retour entre les possibilités de la vidéo et le cinéma et les choix artistiques qui en découlent.
Citations : Entretien avec Claire Simon • Les Patients
18 [02.16] Toujours le cinéma
Jean-Pierre Beauviala plaide quant à lui pour l’image de cinéma : il en aime la beauté que ne lui offre pas la vidéo, plus « enregistreuse ». Pour le cinéaste Raymond Depardon, le coût de la réalisation en cinéma argentique et la « frayeur économique » qu’elle lui procure, lui conviennent parfaitement. Éloge du plan de cinéma.
Citations : Entretien avec Jean-Pierre Beauviala • Entretien avec Raymond Depardon • Profils paysans
19 [00.58] L’autobiographie
Aujourd’hui, la majorité des films documentaires sont tournés avec des caméras numériques. Parmi elles, les digital vidéo et les mini DV donnent naissance à un nouveau genre documentaire : l’autobiographie. Ces films intimes seront sans doute une représentation de notre société pour les générations futures.
Citation : Demain et encore demain
20 Générique de fin
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