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Le réalisateur > Biographie
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Né à Londres en 1889, Charles Spencer Chaplin débute sur les planches à cinq ans pour, dit-on, remplacer sa mère incapable de finir un numéro... Quelques années plus tard, en 1912, il fait une tournée aux Etats-Unis avec la Fred Karno Company, une troupe de pantomime anglaise, dont il est l’une des vedettes. Remarqué par Mack Sennett, il rejoint la Keystone (“l’usine à rire”) dès l’année suivante. Ainsi naît le personnage de Charlot, figure d’un pauvre bougre aux allures d’aristocrate anglais, qu’il incarne et avec lequel il se confond. Charlot devient rapidement le plus célèbre comique des Etats-Unis... et d’ailleurs. Ce monumental succès permet à Chaplin d’imposer ses exigences, et notamment de pouvoir s’impliquer de plus en plus dans la conception de ses films (une longue série de courts métrages) jusqu’à en signer la réalisation.
Les différentes sociétés dans lesquelles il est engagé ensuite (de Keystone à First national en passant par Essanlay, ou Mutual) lui proposent des contrats faramineux. Chaplin y affirme davantage sa volonté de devenir pleinement indépendant et de maîtriser la fabrication de ses films, de leur conception à leur distribution, ainsi que tous les stades de la réalisation.
C’est chose faite lorsqu’il rejoint United Artists, de ses amis D. W. Griffith, Douglas Fairbanks et Mary Pickford. Fort de ses quelque soixante-dix courts métrages, la plupart comme réalisateur, Chaplin aborde sereinement son premier long, dans lequel il ne joue d’ailleurs pas, L’Opinion publique (1923), splendide mélodrame que Lubitsch considérait comme un modèle de finesse et de psychologie.
Le passage au long métrage entraîne un changement très sensible du rythme de son travail. Chaque film est alors mûri, construit, les intrigues développées sur différents registres, mêlant humour, sentiments, plus ou moins romantiques, ironiques ou décalés… discours politique aussi. La ruée vers l’or (1925), Le Cirque (1928), Les Lumières de la ville (1931), Les Temps modernes (1936), Le Dictateur (1940)… S’inspirant de l’affaire Landru, Monsieur Verdoux (1947), sera assez mal reçu par le public. Les Feux de la rampe (1952), sera son dernier film américain. C’est en Europe que Chaplin peut réaliser ses deux derniers films, peu connus ou ignorés, Un roi à New York (Grande-Bretagne, 1957) et La Comtesse de Hong- Kong (Grande-Bretagne, 1967).
La vie de Charlie Chaplin reste marquée par des relations intenses et douloureuses avec l’Amérique, et Hollywood. C’est là qu’il trouve d’abord les moyens de son immense succès. Devenu extrêmement riche et célèbre, il se sent bientôt à l’étroit dans un système trop “calibré”... Il s’installe dès le début des années 20 dans cette “marge”, très relative et confortable, de producteur-réalisateur indépendant, qui évoluera vers une « Déclaration de guerre à Hollywood » (dans un article du Reynold News en 1947, repris dans Chaplin aujourd’hui) :
« Hollywood livre en ce moment sa dernière bataille et il la perdra, à moins qu’il ne cesse de produire les films à la chaîne, à moins qu’il ne comprenne enfin que les chefs-d’œuvre du cinéma ne peuvent pas naître du travail en série, comme les tracteurs dans une usine. »
Epinglé par des ligues de vertu, cible des conservateurs qui l’accusent de bolchévisme, inquiété par les commissions maccarthystes, Chaplin quitte l’Amérique avec toute sa famille avant même la première des Feux de la rampe, bien décidé à ne jamais y revenir. Il y reviendra pourtant brièvement, en 1972, lorsque Hollywood lui décerne un Oscar d’honneur, lui rendant ainsi un hommage appuyé.
Chaplin vit en Suisse jusqu’à sa mort, le 25 décembre 1977.
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