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LES DISPOSITIFS
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Quelques propositions pour l’éducation à la danse et à l’art chorégraphique :
L’éducation artistique et culturelle, par la danse, devrait permettre, dans l’idée d’un continuum de la vie de l’élève à l’école, au collège, au lycée puis à l’université :
- de révéler, conforter, construire l’identité chorégraphique de chaque élève – étudiant, c’est à dire proposer les situations et actions d’un élève qui danse et interprète, qui compose des « objets » chorégraphiques et qui les communique et les confronte dans une relation permanente de la personne au groupe.
- d’étendre la vie communautaire des groupes d’élèves, à partir du travail chorégraphique, vers des réalisations collectives ; ainsi autoriser à chaque étape de la formation de « l’objet » collectif, la confrontation des sensibilités, particularités, représentations et références de chaque élève à celles des autres du groupe: approche sensible, approche référencée.
- de parcourir, pour les comprendre, les œuvres et les chemins des danseurs et chorégraphes ; une rencontre avec les œuvres et les artistes, constitutive de la formation à l’art chorégraphique et au rôle de spectateur.
Il s’agit ainsi de favoriser les situations d’expression, d’invention, d’interprétation et de composition, de réalisation.
A chaque étape de cette démarche, le rôle du regard critique qui situe, qui propose et transforme, est étudié.
La formation chorégraphique consiste à aborder et à exercer les écritures chorégraphiques par la mise en relation des matériaux proposés par les artistes, les pratiques et les œuvres, et des divers modes de composition de la danse et/ou des autres arts
Une approche des sources et des événements constitue la relation à l’histoire des arts des pratiques et des techniques.
Le projet artistique et pédagogique de l’école, les artistes et les œuvres, constituent le dispositif de la formation artistique des élèves et des étudiants. A chaque niveau de la scolarité, il convient de privilégier certains aspects de cette problématique générale.
Un dispositif privilégié : l’atelier
L’atelier constitue la forme générique favorable à la dynamique de formation chorégraphique, reliant le projet, les artistes et les œuvres.
L’atelier est le substrat d’une action artistique, d’une étude et d’une formation culturelles, techniques et méthodologiques.
Il est un espace-temps personnel et collectif d’expérience artistique par l’alternance de la pratique et de la compréhension-connaissance : lieu d’expérience corporelle, lieu de questions, d’hypothèses et de propositions, enfin lieu de réalisation.
Il existe par la confrontation des propositions, des processus alternatifs, des influences et des contraintes artistiques venant du groupe d’élèves, de l’enseignant, ou des artistes et des œuvres.
Il se déroule dans les conditions proches de celles de l’atelier des danseurs professionnels pour une durée de deux à trois heures.
L’atelier se structure à partir de trois expériences spatiales: l’espace de préparation du travail de danse, l’espace de présentation du moment chorégraphique, enfin « l’espace du regard » et de l’analyse.
Ainsi à chaque étape de la scolarité, les histoires des danses sont proposées aux élèves (littérature de jeunesse, bandes dessinées, littérature au collège et au lycée, films, affiches etc, mais aussi à travers les biographies et écrits des chorégraphes).
L’histoire des arts est reliée aux ressources culturelles locales (musées, conservatoires, bibliothèques, centres chorégraphiques nationaux) et aux programmes de philosophie, histoire, anthropologie au lycée et à l’université.
Toutes les thématiques qui croisent les propositions de l’école, celles de la création chorégraphique et, plus généralement, celles de tous les arts, peuvent initier l’acte artistique de l’atelier et en déployer l’impact .
L’exigence artistique, culturelle, technique et méthodologique:
A chaque étape de la scolarité des élèves-étudiants, la compréhension, la connaissance, la mémoire chorégraphiques s’élaborent avec des caractéristiques particulières :
La pratique artistique dans l’atelier développe les aspects du travail corporel (sensations, perceptions, facteurs du mouvement) et les modes et gestes de composition.
Une pratique artistique réflexive fait émerger les notions et références, culturelles, techniques et méthodologiques.
Ainsi les histoires des danses et l’histoire des arts mettent en perspective et relient, à partir de l’observation, de l’analyse, du questionnement voire de la problématique, les œuvres et les artistes référents à la culture contemporaine et patrimoniale.
Les systèmes de notation de la danse, élaborés par les chorégraphes contemporains et ceux des grands chorégraphes tels que Feuillet, Benesh, Laban, sont confrontés aux propositions de transcription de leur danse par les élèves.
L’accès aux sources bibliographiques, filmiques, iconographiques, picturales, musicales, théâtrales, architecturales, les critiques journalistiques, ainsi que la démarche de recherche des sources par les élèves, constituent une des articulations essentielles de l’enseignement artistique avec la formation du spectateur.
La contextualisation sociale des projets artistiques de l’école est un élément d’appropriation et de mémoire sociales : les activités chorégraphiques, par leur caractère festif, se déclinent lors d’ « événements » sociaux. Ils constituent des éléments de rayonnement de la pratique artistique dans l’établissement et dans la cité, destinés à d’autres populations et à d’autres générations.
Conduits en partenariat avec des artistes et des structures et associations culturelles, ils trouvent dans les lieux de diffusion et de création, les sites « en vraie grandeur » pour leur élaboration et leur évaluation. Ils proposent un espace–temps pour le débat d’idées autour des partis-pris artistiques, des décisions pédagogiques et des choix esthétiques.
Quelques exemples :
Les approches croisées: une classe, une réalisation et un artiste, une œuvre.
La relation s’établit ici entre un groupe d’élèves, leurs enseignants et la programmation chorégraphique locale, compagnies en résidence pour une création ou artistes associés en phase de création.
Ce type d’atelier (atelier hebdomadaire ou classe culturelle transplantée) repose sur le principe d’influence réciproque entre le travail de création de la compagnie et le travail d’éducation artistique des élèves. Ils composent en interaction à partir des propositions venant soit de la compagnie soit des élèves ; ces propositions portent essentiellement sur les matériaux corporels, vocaux, filmiques, textuels etc .., et sur les modes de composition chorégraphique.
Cette approche permet de comprendre la diversité des interprétations de l’œuvre, la multiplicité des « regards » et des analyses qui y sont portés ; elle peut poser le débat sur « l’œuvre ouverte ».
D’une écriture, l’autre, le processus de formation de l’œuvre.
Dans ces ateliers, le travail chorégraphique des élèves est relié à une œuvre du domaine chorégraphique ou à celle d’un autre domaine artistique : arts plastiques, musique , théâtre, architecture, littérature, cinéma-vidéo, etc. Il s’agit dans ce cas là d’identifier les processus de composition, d’élaboration, d’écriture, d’une œuvre contemporaine ou patrimoniale, et de les transposer au travail chorégraphique des élèves (composition sérielle, aléatoire, programmée par ordinateur, organique etc). Ces ateliers s’articulent à une question sur la démarche artistique et l’interdisciplinarité des écritures.
Le geste dans la ville : s’immerger dans l’environnement.
Il s’agit de transposition, de stylisation de mise en scène et écriture des mouvements habituels pour une poésie gestuelle du quotidien
- Les gestes quotiens et les gestes des métiers: mouvements prélevés dans les lieux de vie des élèves et dans leur environnement urbain : gares, cinémas, piscines, marchés. O. Duboc, chorégraphe, conduit ce travail artistique de création qu’elle nomme « Les Fernands ».
- Les sites naturels, archéologiques, architecturaux (le geste dans le vitrail, dans les sculptures, les labyrinthes, le dédale des rues). La trame urbaine des villes du Moyen Age et des étapes de la Modernité, le désign dans la ville, l’habitat contemporain et futuriste la désaffection des lieux (usines etc…) constituent autant de thématiques pour le travail chorégraphique.
Le geste dans les propositions et événements locaux et nationaux : « Lire en fête », « Fête de la musique », la poésie dans la ville etc.
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Marcelle Bonjour
Conseillère artistique pour la danse au département arts et culture
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