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Les grandes orientations

Travailler sur le patrimoine à l'école

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Grandes orientations
 
Le patrimoine occupe une place particulière dans l'éducation artistique et culturelle des jeunes. En effet, par rapport aux différents secteurs artistiques, il représente l'ensemble des références historiques et culturelles, des formes de la création contemporaine (oeuvres d'art, monuments, lieux de mémoire, archives, etc.). Le patrimoine constitue plus généralement aujourd'hui l'étude de notre ville, ou de notre territoire dans une vision d'enjeux historiques, culturels et artistiques de cet environnement.
Travailler sur le patrimoine à l'école, au collège, ou au lycée, c'est donc apprendre à regarder une oeuvre d'art, une architecture, un document d'archive, ou plus généralement son environnement de proximité, pas simplement dans une approche artistique, mais aussi dans une étude des références culturelles porteuses d'universalité, et de sa propre identité.
Ce travail sur le patrimoine de proximité permet aussi à l'enfant et à l'adolescent de se responsabiliser sur cet héritage collectif, par une prise de conscience progressive.
Par définition, le patrimoine peut s'étudier à partir d'une multitude d'entrées disciplinaires. En effet, le patrimoine peut être abordé par l'histoire, la géographie, les arts visuels, la littérature, et même les sciences.

En histoire, étudier le patrimoine, c'est apprendre la dimension culturelle et artistique des civilisations et en particulier de la nôtre par le recours aux archives et aux ressources relevant du patrimoine ethnologique (objets, outils anciens...).
En géographie, c'est aborder la question du territoire et de la manière dont il s'est progressivement constitué en fonction des enjeux politiques, économiques et culturels.
En arts visuels, il s'agit bien sûr d'aborder les oeuvres d'art qui constituent dans nos musées les témoins des grandes créations artistiques de nos civilisations. Il s'agit de former progressivement l'enfant à sa capacité de voir et de juger une oeuvre en fonction des enjeux historiques mais aussi esthétiques, de la création de cette oeuvre. Il s'agit que l'enfant sente ce qui fait la rareté de l'oeuvre et son caractère exceptionnel par rapport à d'autres oeuvres de la même époque ou du même artiste.
En littérature, on peut aborder le patrimoine par le biais des textes littéraires, de documents d'archives (brouillon d'écrivain...). Dans toute la littérature, les auteurs renvoient à des utopies architecturales, des représentations de nos villes, de certains monuments, de certains peintres.
En sciences, une multitude de phénomènes mathématiques, physiques, techniques peuvent être abordés à travers des études de perspective, d'optique, d'élévations et autres, dans l'architecture ou les oeuvres d'art.

La priorité d'actions dans le cadre du Plan pour les arts et la culture à l'école, a été, pour le patrimoine, de développer dès le départ une stratégie territoriale. En effet, les ressources patrimoniales appartiennent en grande majorité aux collectivités territoriales qui développent, au niveau des politiques locales, de grands projets de restauration et de mises en valeur en lien avec leur population. L'autre axe de travail a consisté à organiser progressivement un réseau académique et départemental de personnes ressources avec lesquelles aujourd'hui nous pouvons pour la première fois développer une vision nationale de directives de travail sur le patrimoine (et non plus nous contenter de la juxtaposition de projets particuliers). Cela permet d'organiser les grands chantiers qui pérennisent la généralisation, c'est à dire ceux qui concernent les programmes, la formation et les outils.

Au niveau académique, chaque DAAC a auprès de lui une personne en charge des dossiers "patrimoine". Un certain nombre de DAAC (IA-IPR d'histoire ou d'arts plastiques) coordonnent directement les dossiers "patrimoine".

Au niveau de chaque inspection académique, les IA ont désigné un conseiller pédagogique, un IEN ou un enseignant pour coordonner les actions patrimoine.
L'ensemble de ces réseaux constitue aujourd'hui 120 personnes.
En 2001, ces personnes ont été réunies à Paris pendant deux jours au musée d'Orsay et à Monum. Les bilans de stage et les nombreuses discussions révèlent un besoin et une attente de renforcer les formations et les rencontres de ce réseau.
De nombreux stagiaires ont insisté sur le côté novateur et stimulant de ce réseau.